Un dernier coup d’œil sur Anjuna et le Nord de Goa

Dans quelques heures, il sera temps de reprendre la route. D’abord je devrai rejoindre la ville de Margao (ou Madgaon) au centre de Goa, là où se trouve la station ferroviaire du réseau national. D’Anjuna, j’ai deux options pour cela : le bus ou un taxi. En bus, il faut compter environ 4 heures: le premier bus conduit à Mapusa. De là, il faut prendre un autre bus pour Panjim (ou Panaji), la capital de l’Etat, puis un troisième pour Margao…Enfin, un taxi sera nécessaire pour rejoindre la station de trains. Le coût est peu élevé (environ 50 roupies de bus et 250 de taxi), mais l’idée de passer 4 heures à chasser les bus avec mon sac de voyage ne m’emballe pas trop. J’ai réussi à négocier un taxi pour 700 roupies. A l’échelle de l’Inde, c’est du luxe. En fait, pour 13 euros, j’arrive à la station de trains après un voyage d’une heure et demi, confortablement assis dans une voiture privée.  Du luxe en effet !

Cela fait donc un mois que je suis à Anjuna. J’ai parcouru en scooter le nord – nord-est de Goa. Goa est l’état le plus petit en Inde.  Au nord d’Anjuna, après avoir traversé la rivière Chapora, une petite route en assez piteux état m’a conduit à Morjim, sur la côte. De là s’étend une longue plage de sable grisâtre, mélange de sable blanc et de sable noir, jusqu’à Arambol. Je suis arrivé tôt, un peu avant 9 heures et la plage était pratiquement déserte. Les communautés environnantes rappellent la taille d’Anjuna. Je n’ai pas trouvé la plage particulièrement jolie, mais plutôt banale. Ceux qui n’ont jamais voyagé dans les tropiques ne seront surement pas d’accord avec moi !

En fait, la seule plage au sable jaune que j’ai découverte, se trouve au sud d’Anjuna. Je m’y suis rendu 3 fois à pied. Une fois sur le haut de la colline qui sépare Anjuna des communautés voisines, un pré conduit à un bois qui couvre la façade sud de la colline. Un chemin en pierre descend abruptement jusqu’à Baga, un petit port de pêcheurs et d’accueil touristique.  Une plage au sable jaune s’étend sur plusieurs kilomètres jusqu’au Fort Aguada, à l’entrée de la baie. De Baga, je suis allé à Calangute, une petite ville très active. C’est ici que j’ai utilisé ma carte bancaire pour la première fois en Inde dans une machine ATM. Calangute est une ville commerçante et touristique. Il y a des magasins de toutes sortes, bars, restaurants et guesthouses. A ma surprise, je n’ai vu aucun grand hôtel appartenant aux grandes chaines mondiales de l’industrie du tourisme. Lors de ma seconde visite au-delà de la colline, je suis allé jusqu’à Candolim. Parti à 8 heures du matin, j’étais de retour à 15 heures, épuisé et très ensoleillé. Toute la zone entre Baga et le Fort est aménagée pour des touristes qui voyagent avec peu de ressources. A chaque passage sur la plage de Calangute, j’ai remarqué énormément de touristes Indiens qui, semblait-il, venaient en bus pour passer un moment sur la plage. Les femmes hindoues gardent leur sari et pataugent joyeusement toutes habillées dans les eaux tièdes de la mer. Peu d’hommes portaient des maillots de bain, et peu se souciaient de mouiller leurs pantalons.

Ma ballade en scooter m’a conduit à l’est de l’Etat jusqu’à Valpoi. Puis, je suis descendu au Sud sur Ponda et rejoins l’un des axes principaux de Goa. En fait le «highway » n’est qu’une route à deux voies avec certains passages en très mauvais état et de nombreuses vaches et Buffalo errant sur les côtés, mais aussi souvent au beau milieu de la route. Les dizaines de camions de transports dégagent une fumée et une poussière qui rendent la ballade un peu moins confortable sous un soleil de plomb. Enfin, j’ai rejoint la côte après Panjim et suis allé jeter un œil sur le Fort Aguada, à l’autre bout de la plage qui mène à Baga. Je dois avouer que rien durant cette longue ballade ne m’a particulièrement attiré. En fait, je n’ai pris aucune photo. J’ai croisé quatre éléphants que les touristes peuvent joyeusement toucher et même monter pour une petite balade. L’un deux étaient vraiment énorme, et avait une large tache rouge sur le front, marque hindoue de Dieu. Il semblait aussi assez âgé.

Après un mois à Anjuna, je me demande vraiment ce qui émerveille tant les touristes au sujet de cette région. Il y a tant de plages sous les tropiques bien plus jolies que celles-ci. Certaines sont même restées intactes, isolées et d’une beauté remarquable. Alors pourquoi Goa ? Le coût de la vie est certainement très bas ici et cela convient très bien aux routards et sac-à-dos avec quelques roupies en poches et peu de soucis de confort. Je suis curieux de voir le coût de la vie dans une autre région de l’Inde. J’ai l’impression qu’il devrait être bien moindre qu’ici. Mon premier mois m’est revenu à un peu plus de 350 euros, ce que j’attendais. Il est très difficile de faire moindre le premier mois dans une zone aussi touristique que celle-ci et dans un pays nouveau. J’espère très bientôt pouvoir réduire mes dépenses de moitié.

Mon séjour prolongé m’a permis de faire la connaissance de bien des personnes, toutes aussi uniques et intéressantes. Des gens d’un peu partout, de l’Inde et d’ailleurs. J’ai découvert de nouvelles histoires, chacune aussi passionnante. Chacun de nous a sa propre histoire, sa propre expérience de la vie. Il n’y en a pas deux qui se ressemblent, même si elles ont souvent certains points communs. Parmi ces nouvelles connaissances, deux étaient des femmes qui voyageaient seules. L’une venait d’Espagne. Elle avait près de la cinquantaine et était venue en Inde pour acheter des meubles afin de les revendre avec large profit en Espagne. Elle ne parlait à peine Anglais. Lorsque je l’ai rencontrée, elle était assez déprimée. Son plan ne s’était pas déroulé tel qu’elle l’avait souhaité et elle sentait qu’elle s’était fait arnaquer trop souvent. Elle était aussi très exaspérée par l’attitude des hommes envers elle depuis son arrivée. La seconde venait d’Angleterre. Née à Londres, de parents originaires du Pakistan, 26 ans, elle est venue en Inde pour travailler pendant trois mois dans un orphelinat de la fondation de Mère Thérèse à Bangalore, dans le sud de l’Inde. C’était la première fois qu’elle voyageait seule. Elle aussi était exaspérée par l’attitude des hommes. L’Inde semblerait donc être assez difficile pour les femmes voyageant seules.

En quatre semaines, j’ai aussi observé certaines activités à la guesthouse qu’il serait sans doute préférable de taire ici. Rien de très illégale, mais plutôt rigolo en soi. La vie semblerait se reproduire sous une même forme un peu partout ! Avant de partir, j’ai donné 700 roupies (13 euros) aux deux jeunes femmes qui font le ménage et qui ont été très gentilles avec moi pendant mon séjour. Je leur ai dit que cela devait leur servir à acheter un sari chacune. Elles étaient bien contentes mais aussi très timides. Impossible de leur faire la bise ou de leur donner une embrassade chaleureuse… juste une poignée de main, pratiquement du bout des doigts.

On dit que tout voyageur en Inde doit au moins prendre le train une fois, car l’expérience est très unique en soi. Mon voyage devrait durer environ 16 heures. Je vous en reparle donc très bientôt dès que je peux me rebrancher sur le Net.

J’ai remis à jour les albums photos d’Anjuna et des alentours. J’ai aussi ajouté un album sur le marché hebdomadaire d’Anjuna. Près de 60 photos à voir. Alors, n’attendez pas pour jeter un œil sur les albums !

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