Petit détour en Argentine – Une semaine chez les Gauchos. Juillet 2010

J’ai quitté Tarija tôt le matin et suis arrivé à la frontière avant midi, après avoir traversé une zone montagneuse très belle. J’ai obtenu mon cachet de sortie du bureau de l’immigration bolivienne tout en papotant avec les agents de la défaite de l’équipe de foot brésilienne. L’agent a compté les jours que je suis restés sur son calendrier mural, puis a mis son tampon de sortie et m’a donné mon passeport avec un beau sourire: “Todo bien”, a -t-il dit.

Puis je suis revenu à la mini-fourgonnette et nous avons fait 2 autres kilomètres jusqu’à la ville de Bermejo. Il m’a laissé près de l’endroit où l’on traverse la rivière sur un petit bateau pour 2 bolivianos. L’endroit était très occupé avec toutes sortes de magasins vendant des jouets, des vêtements, des articles de cuisine et de nombreux restaurants. Je suis allé immédiatement acheter mon billet et ai traversé la rivière de 30 mètres. Rien ne ressemblait à une frontière. J’étais en Argentine! Ah ouais?

De l’autre côté, pas de route. Rien! Je me demandais si j’allais trouver un bureau de l’immigration. J’ai suivi des personnes qui portaient toutes sortes de choses – beaucoup moins chères en Bolivie qu’en Argentine – et ai découvert le bureau de douane de l’Argentine sous les arbres, à 200 mètres de la rivière. J’ai marché droit devant une longue queue, entré dans le bâtiment me demandant si quelqu’un allait me dire d’attendre mon tour. Personne ne l’a fait! L’agent de douane, une dame avec un fort accent argentin, m’a demandé d’ouvrir mon sac à dos et sans vérifier elle m’a dit d’aller à l’immeuble voisin de l’immigration. Des gars essayaient de me vendre des tickets de bus pour des endroits dont je n’ai jamais entendu parler. Il faisait chaud et humide.

Un agent d’immigration était dehors et fumait. Il m’a accueilli aimablement, a pris mon passeport et l’a donné à un autre agent à l’intérieur. «Attendez ici» a -t-il dit aimablement. J’ai allumé une cigarette et ai parlé de la défaite du Brésil avec l’agent tandis que l’autre faisait la paperasserie. Après 5 minutes, il est sorti et m’a donné mon passeport. «Combien de jours m’avez-vous donnés? » «90 jours» a-t-il dit. «Excellent, merci» répondis-je. Je lui ai aussi demandé où je pouvais échanger des bolivianos en pesos argentinos. Il m’a envoyé dans une petite boutique dans le village tout à côté. J’ai appris qu’un magasin est appelé “kiosco » dans ce pays!

La plupart des magasins étaient fermés. L’heure du repas! Mais j’en ai trouvé un qui vendaient des bières et liqueurs où j’ai pu changer de l’argent. Je n’avais aucune idée du taux, seulement beaucoup de confiance. Plus tard, j’ai vérifié les taux sur l’Internet et j’ai vu que le gars avait été assez honnête. A partir de cette petite communauté d’Aguas Blancas, j’ai pris un taxi partagé pour 10 pesos à Oran, à environ 40 minutes. Le paysage est très différent, des plaines étendues avec beaucoup d’agriculture, banane, canne à sucre, maïs, tomates et de nombreuses serres couvertes de plastique, comme dans le sud de l’Espagne (mais pas autant). Je pouvais voir des systèmes d’irrigation et des machines. L’agriculture dans ce coin est plus industrielle, un peu comme en Europe!

Jusqu’à présent, tout le monde avait été très agréable et convivial. Le chauffeur et l’homme assis à l’avant étaient en train de « coker », avec une énorme boule de feuilles de coca dans la bouche qui déformait leurs joues. Le taxi me déposa devant la station de bus d’Oran, un endroit chaud et poussiéreux au milieu de nulle part. J’ai trouvé une auberge juste à côté pour 60 pesos (12 euros), une petite chambre avec TV et salle de bain privée. J’ai immédiatement réalisé que je ne serais pas capable de m’offrir un mois complet en Argentine. Coût de la vie – l’auberge, la nourriture et le transport – au moins 4 fois plus qu’en Bolivie. Après 2 jours, j’ai estimé que mes dépenses quotidiennes minimales seraient de l’ordre de 20 Euros, 600 Euros par mois. Pas possible!

J’ai passé 2 nuits à Oran, regardé le match de football entre l’Argentine et l’Allemagne sur un grand écran au centre-ville dans une atmosphère de plus en plus déprimée à mesure que l’Argentine se faisait abattre. A Oran, j’ai pensé que je pourrais manger du riz, des frites et une salade pour environ 15 pesos pour le déjeuner dans un restaurant, puis acheter du pain – meilleur qu’en Bolivie et un peu du genre pain français – une laitue, tomates et avocats et faire des sandwiches pour le petit déjeuner et le dîner pour 10 à 15 pesos par jour. Après m’être regardé dans un miroir après une bonne douche chaude dans ma chambre à Oran, j’ai vu un homme assez mince et je me suis permis de manger quelques pâtisseries locales et des barres de chocolat.

Le troisième jour, j’ai pris un autobus pour Tartagal pour 18 pesos, 2 heures et demie de bus. Un homme que j’ai rencontré dans le bus entre Santa Cruz et Tarija avait suggéré de me rendre à Targagal et de là, à Formosa, puis aller voir la superbe cascade d’Iguaçu et peut-être entrer au Paraguay. Quand je suis arrivé à Tartagal, j’ai décidé de suivre mon instinct et me suis dirigé droit vers le centre ville, à 6 ou 7 rues de la gare routière. Il faisait très chaud. Je suis arrivé à la place centrale et vu le City Hostel. Il avait l’air pas mal et hors de mon budget, mais je sentais que je pouvais obtenir des réponses là-bas. La chambre la moins chère était de 90 pesos, beaucoup trop pour mon budget. Mais l’homme à la réception a téléphoné à une autre auberge tout prés et m’a trouvé une chambre pour 40 pesos. « Si vous ne l’aimez pas, revenez ici et je verrai ce que je peux faire» a-t-il dit.

L’auberge était OK, humble mais propre. J’avais une petite chambre sans fenêtres, et avec la salle de bain partagée à l’extérieur. Un peu déprimant, mais c’est le prix à payer pour un voyageur à petit budget. J’ai décidé de rester là et laissé mon sac à dos. Puis je suis retourné au City Hostel pour remercier l’homme. Il était très gentil et m’a offert de revenir le lendemain et y séjourner pour 50 pesos. L’endroit était bien meilleur et pour 2 euros de plus, une bonne affaire! Il avait une chambre avec salle de bains, TV, ventilateur et qui était un peu endommagée par une fuite d’eau. Il attendait que le mur sèche pour la réparer. Le petit-déjeuner était inclus! Il ne pouvait pas vraiment la louer mais me permettait de l’occuper pour 2 nuits. Les dommages étaient vraiment minimum, j’ai accepté son offre. «Revenez demain à 8 heures avec votre sac à dos. Je vous offre le petit déjeuner! « Je l’ai remercié, ai passé la journée à explorer cette petite ville, me suis couché tôt et suis revenu le lendemain matin.

L’Argentine était beaucoup trop chère pour moi. Même le bus entre les villes, en comparant avec la Bolivie, était très coûteux. J’ai passé toute la journée sur l’Internet à la recherche d’options. J’ai fait des recherches sur couchsurfing pour des endroits pour une nuit ou deux. Je me suis donné 2 ou 3 jours pour trouver une solution. Légalement, je pouvais rester 15 jours en Bolivie, mais j’avais besoin d’un mois avant d’entrer au Brésil, puisque je ne pouvais rester que 90 jours là-bas et j’avais encore 4 mois de voyage. J’avais besoin de trouver une chambre gratuite en Argentine et au Paraguay où la vie est moins chère pour ce que j’ai entendu dire. Mais arriver au Paraguay de Tartagal n’était pas évident. Je devais aller à Formosa d’abord et le bus coûtait 186 pesos! Une fortune par rapport à la Bolivie. Je n’étais qu’à 50 kilomètres de la frontière bolivienne et 1000 ou plus du Paraguay. Quelle serait ma prochaine direction? Je me suis donné 3 jours pour la trouver.

Les gens d’ici et dans beaucoup d’autres endroits croient qu’un homme blanc d’Europe, d’enseignement supérieur a beaucoup d’argent à dépenser et doit vivre comme un prince. Ils ne peuvent pas comprendre ou imaginer que l’on pourrait être en difficulté, se sentir seul, et même mourir de faim à la recherche de moyens pour se déplacer au moindre coût possible, et dépenser toujours plus que les locaux qui passent habituellement un meilleur temps à manger une meilleure nourriture et dormir dans des endroits moins chers! Enfermé dans ma chambre sans fenêtre, après avoir passé quelques heures sur l’Internet, je cherchais la meilleure solution pour ma crise budgétaire. La télévision était allumée, sur un canal de langue anglaise. J’avais besoin d’un changement, la télévision était un moyen de libérer mon esprit. Je fumais les cigarettes les moins chères, avec mon pain, ma laitue, mes tomates et deux avocats et mes 2 litres bouteille d’eau. Je contemplais mes options …

De là, je pourrais retourner en Bolivie. Légalement je pouvais rester 15 jours. Je pourrais essayer de rentrer en Bolivie et obtenir 30 jours ou plus, si l’agent d’immigration ne savait pas ou ne se souciait pas de la limite des 90 jours par semestre pour les Européens. En fait, je me demandais si notre limite n’est pas seulement de 90 jours par an en Bolivie! Si je revenais en Bolivie, je pouvais séjourner dans une ferme près de Santa Cruz en tant que bénévole. J’avais été en contact avec eux et ils m’attendaient depuis Juin. Je pouvais rester un mois et ensuite entrer au Brésil à partir de Puerto Suarez / Corumba. Au Brésil, je pouvais obtenir 90 jours mais je devais entrer après le 7 août. L’agent d’immigration de la Bolivie pourrait aussi tout simplement me donner 15 jours. Dans ce cas, je devrais entrer plus tôt au Brésil et puis peut-être rester 2 ou 3 semaines au Paraguay. N’importe laquelle de ces deux options étaient probablement les moins chères.

Une autre option était de parvenir à Formosa, à proximité de la frontière avec le Paraguay pour 186 pesos, séjourner avec un couchsurfer à Formosa pour 2 ou 3 nuits et ensuite entrer au Paraguay pour 2 ou 3 semaines avant d’entrer au Brésil. Quelle était la meilleure option? Je ne recevais pas beaucoup de réponses positives de couchsurfers d’Argentine. En fait, je recevais de meilleures réponses en provenance du Paraguay! J’étais à court de temps!

J’ai décidé de retourner en Bolivie et voir ce qui arriverait à la frontière. Je suis parti le mercredi 7 Juillet. J’ai pris un taxi collectif pour la frontière pour 10 pesos et j’ai obtenu mon tampon de sortie de l’Argentine avant de traverser la frontière pour la Bolivie. Quand je suis arrivé dans le bureau de l’immigration bolivienne, j’ai vu trois agents derrière un grand comptoir. L’un d’eux portait des lunettes de soleil. Je savais que je n’obtiendrais pas mon tampon si facilement. J’ai remplis le formulaire et écrit 60 jours pour la durée souhaitée de mon séjour. Puis je l’ai donné avec mon passeport à l’un des agents, heureux de voir que le gars avec les lunettes de soleil était sorti pour un moment. L’agent a regardé mon passeport et a vu que je venais d’être en Bolivie.

– Vous ne pouvez pas entrer dans le pays, a-t-il dit. Combien de temps êtiez-vous ici?
– Environ 60 ou 70 jours, répondis-je.
– Vous ne pouvez pas entrer, a -t-il répété.
– Mais je comprends que je suis autorisé pour un total de 90 jours.
– Je n’ai que des timbres d’entrée pour 30 ou 60 jours, a-t-il dit. Vous devez vous rendre au consulat de Bolivie en Argentine et obtenir un visa pour 300 US dollars.

Je savais que ce n’était pas vrai, mais je ne voulais pas discuter. À ce stade, je savais aussi que je devrais lui graisser la patte si je voulais entrer.

– J’ai besoin de me rendre à Puerto Suarez et traverser pour le Brésil. Comment puis-je entrer? Je ne resterai pas si c’est le cas, j’ai juste besoin de traverser jusqu’à la frontière, je lui ai dit avec une voix d’un homme triste et déprimé.
– Comment pouvez-vous m’aider? il a demandé.

J’avais un peu d’argent dans ma poche, 2 billets pour 30 pesos, environ 50 bolivianos, soit 6,5 Euros. Le reste planqué dans mes poches secrètes.

– Je n’ai que cela, je lui ai dit.
– C’est très peu, dit-il. Nous sommes 5 ici.
– Je comprends, mais c’est tout ce qu’il me reste ici. Que puis-je faire?

Après une pause dramatique, il a ouvert mon passeport et a mis son cachet d’entrée avec un permis pour 30 jours. J’ai pris mon passeport en laissant les 30 pesosdans sa main, dit merci et me suis barré vite fait. J’étais furaxe. Je déteste donner de l’argent à ces salauds! J’étais juste content que cela ne m’a pas coûté trop cher. Mais j’avais envie de me basser au Brésil tout de suite … Je devais me calmer. J’ai pris un taxi collectif jusqu’à la gare routière et ai trouvé un bus pour Santa Cruz tout de suite, le bus partait, et je suis monté comme il arrivait à la sortie de la gare. J’avais 9 heures de voyage pour me calmer …

Quand je suis arrivé à Santa Cruz, j’avais décidé de rester jusqu’au 5 août. J’avais un permis pour 30 jours et j’allais l’utiliser, à moins de ne pas être heureux dans la ferme. Ensuite, je pourrais aller dans le sud du Brésil et travailler ici et là dans les exploitations agricoles en fonction des réponses, puis voir les cascades à la frontière du Paraguay, Brésil et Argentine et rester peut-être 2 semaines au Paraguay, avant de revenir au nord de Rio de Janeiro où j’avais une ferme qui m’attendait. J’avais reçu leur réponse positive quelques jours plus tôt. Le Brésil ne serait pas un problème. Je me suis rendu au centre-ville de Santa Cruz à une auberge qu’un mec à la gare routière m’a recommandé. J’avais rencontré un voyageur français et son ami de l’Argentine dans le bus et nous avons partagé le taxi. Il ne m’a coûté que 3 bolivianos. J’étais heureux de revenir en Bolivie! Pas cher en effet.

Lorsque je suis entré dans l’auberge, j’ai vu un petit prospectus de la ferme où j’avais l’intention d’aller sur le mur à côté du comptoir. Je sentais que j’étais au bon endroit et avait pris la bonne décision … Il faut suivre les indices de la vie, non? Ensuite, j’ai vérifié mon email. J’avais 3 réponses positives de personnes au Paraguay, l’une près des cascades et deux à Asuncion. Je n’en avais pas de l’Argentine. J’avais aussi un message de mon contact de la ferme, il était parti pour quelques jours et m’attendrait le dimanche. J’avais 3 jours pour me détendre, manger à quelques restaurants végétariens que je découvrais à Santa Cruz pour 15 bolivianos un repas (moins de 2 Euros). J’avais une chambre pour 25 bolivianos (3 euros) la nuit, pas très belle mais je suis habitué. Une fois de plus, je devais prendre mon temps, me détendre et en profiter pour mettre à jour mes blogs.

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