Ausangate, montagnes eneigées de Cusco, Avril 2010

J’ai rencontré Mario à Santa Maria où il a passé une nuit avec deux touristes britanniques de retour de Santa Teresa. Mario est un guide professionnel avec 23 ans d’expérience. Il est un peu plus jeune que moi et nous nous sommes vite bien entendu. Le lendemain, avant son départ, il m’a offert un endroit pour rester chez lui à ma prochaine visite à Cusco. Quand je suis arrivé à Cusco quelques semaines plus tard, je l’ai appelé et il est venu me chercher à la gare routière. Nous sommes allés chez lui en bus dans un quartier loin de Cusco.

Ausangate


Au cours de notre dîner qu’il a si bien préparé, j’ai appris l’histoire de Mario. Guide depuis 23 ans, avec une fille et un fils diplômés en tourisme, il travaille très dur pour les agences locales et finit par gagner très peu d’argent. Il veut ouvrir sa propre Agence de Visites guidées et la faire tournée avec ses enfants. Mario avait besoin d’être mis sur la bonne voie afin de pouvoir atteindre son but. J’ai proposé de construire, avec l’aide de ses enfants, un site web et de former son fils pour administrer, concevoir et améliorer le site Web de la famille. Le garçon de Mario est très axé sur les ordinateurs et il a appris à faire face à la situation en une semaine. J’en étais très heureux. Le site web a été mis en ligne sur un hébergeur gratuit de qualité que j’ai utilisé pour d’autres projets, dont celui-ci, et le garçon en était l’administrateur. « Si tu continues à ce rythme d’apprentissage, en 2 ou 3 mois, tu seras en mesure de concevoir et administrer des sites pour d’autres clients! » expliquais-je fièrement au fils de Mario.

Mario m’a offert de me conduire dans la montagne Ausangate. Il avait seulement besoin que je couvre les frais pour l´homme en charge des chevaux et la nourriture. « J’ai les chevaux et le matériel », me dit-il. Nous avons pris le bus pour Tinke à 6h00. Mario m’a retrouvé à la gare routière avec deux énormes sacs remplis de tout l’équipement. De mon coté, j’avais apporté la nourriture pour trois jours. Nous sommes arrivés à Tinke vers 9h30. Gregorio, l´homme en charge des chevaux, était en train de préparer les quatre chevaux. Lui et Mario ont tous deux chargés un cheval avec le matériel et nous avons quitté le village à pied par une colline très escarpée. De là, nous avons commencé notre randonnée à cheval à travers les collines et les montagnes. La vue sur les montagnes enneigées, si proche de nous, était vraiment spectaculaire avec de grandes vallées étendues, et tous ces murs de pierre sur des kilomètres que les bergers et bergères construisent pour diviser les territoires occupés et d’autres pour faire des enclos afin de regrouper les lamas et les moutons la nuit et pendant le rasage.

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Le premier jour, nous avons été surpris par une tempête de grêle vers midi. Nous étions gelés jusqu’aux os, tout recouvert de grêle sur des chevaux de glace. Nous sommes arrivés une fois l’orage passé à un premier arrêt pour manger notre déjeuner. J’étais frigorifié. Nous étions à près de 5000 mètres d’altitude, beaucoup d’eau imbibant le sol, des lagunes et beaucoup d’humidité dans l’air. Nous avons continué notre route à cheval et à pied pendant deux à trois heures après le déjeuner et installé le camp dans la ferme d’un berger. Les bergers sont très prudents quant à leurs pâturages et ils n’aimaient pas que nos quatre chevaux mangent leur herbe. Nous les avons gardés dans l’enceinte même où nous avons mis les tentes. Nous sommes tous allés nous coucher très tôt après un souper bien chaud. Nous étions au lit à 21h00, juste pour se sentir au chaud à l’intérieur du sac de couchage excellent que Mario m’a apporté. Je suis allé au lit après une bonne vue sur un ciel étonnamment étoilé.

Le lendemain matin, le ciel était dégagé et ensoleillé. « Le ciel commence habituellement à se couvrir autour de midi et après on peut s’attendre à une tempête. Puis il se découvre en soirée et la nuit », me dit Mario. Et il avait parfaitement raison. Nous avons monté nos montures toute la journée jusqu’à environ 15h00. Mes fesses criaient pitié à chaque fois que nous trottions. Mon cheval était très doux avec moi. J’ai vite compris qu’il préférait marcher sur certains terrains et je le laissais faire selon ses désirs, mais il acceptait également mon contrôle en cas de besoin. Nous sommes arrivés à nous comprendre assez bien et il a vite apprit à répondre à mes commandes verbales. Un cheval très gentil et doux en effet!

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Le site est totalement gigantesque, avec ces montagnes enneigées, et ces colines rocheuses ou couvertes de pâturages. Ces grandes vallées avec des kilomètres de murets en pierre et des enceintes ici et là. Tout était étonnant. La vallée qui descend l’Ausangate est couverte de centaines de petites îles d’herbe flottant sur un fleuve immense qui remplit la vallée. Le paysage est à couper le souffle avec toutes ces formes et lignes que l’eau dessine entre les pâturages.

Le deuxième jour, nous nous sommes arrêtés et avons déjeuné avant que la tempête de grêle ne nous tombe dessus. Nous allions à Ausangate. Nous nous sommes réfugiés pour une demi-heure dans une petite cabane d’Adobe au toit de chaume et pleine de caca de lama ou de mouton. Puis, nous avons monté nos chevaux pendant presque deux heures et sommes arrivés au sommet d’une colline qui fait face à la vallée au pied de la montagne enneigée. D’où nous étions, nous pouvions voir la tempête qui tombait sur la vallée. La vallée s’est recouverte d’un manteau blanc de grêle glacée en 10 minutes. La tempête avant de nous quitter nous a rejoints dans une dernière vague. Nous nous sommes retrouvés couverts de grêle en quelques secondes! Quand la grêle s’est arrêtée, nous sommes descendus dans la vallée à pied car le chemin était trop glissant pour les chevaux. Nous étions tous congelés. Cette deuxième nuit, on l’a passée dans une petite maison en adobe qu’un berger nous a offert. Il a gelé pendant la nuit et le sol était couvert de glace au lever du soleil.

Ausangate

Mario et Gregorio étaient extrêmement protecteurs et bienveillants, s’assurant à chaque instant que j’étais à l’aise et en toute sécurité. Mario cuisinait très bien des repas végétaliens et il m’a fourni tous les vêtements et le matériel dont j’avais besoin pour avoir chaud et être confortable. Le voyage a été un défi à cause du froid extrême et de mon manque d’expérience à cheval. Mais j’ai vu tellement de sites tout à fait magnifiques et je me sentais dans un endroit très puissant où la nature est simplement majestueuse. Le Pérou est définitivement un beau pays, et les Andes un endroit extraordinaire.

Les gens dans ce coin du monde vivent très simplement et ils sont tous très souriants. Ils vivent dans des maisons construites en pierre et adobe avec des toits en chaume. Ils apportent le bois pour construire le toit des terres basses et l’herbe pour le toit des hauteurs. Ils travaillent du lever au coucher du soleil. Toutes les femmes portent les habits traditionnels de cette région. Les hommes portent des vêtements occidentaux, mais ont un chapeau tout à fait unique, dont certains extrêmement colorés. Ce qui est surprenant, c’est qu’ils portent tous beaucoup de vêtements, mais vont pieds nus avec des sandales. Ils rigolent toujours quand je leur demande comment ils font pour ne pas avoir les pieds gelés.

À la fin de ce voyage, j’aimerais avoir assez d’argent à la banque pour me lancer dans plus de ces aventures en pleine nature.

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