L’inde me souhaite la bienvenue: Anjuna, Goa

Une première impression après quelques heures…

Me voici donc en Inde. Il fait 30 degrés à l’ombre. La saison des pluies est terminée ici. Je suis entouré de plantes tropicales qui me rappellent tellement la Jamaïque que c’en est troublant. A part pour la couleur de la mer, je pourrais bien être dans un petit village sur la côte jamaïcaine…

Revenons quelques heures en arrière. Le voyage s’est très bien passé quoique j’ai du attendre très longtemps à Paris, puis à Mumbai (Bombay) pour mon vol intérieur sur Goa. L’arrivée s’est produite alors que le soleil se levait à l’horizon sur la mer arabe. Comment dit-on en français ?

Mombai était encore dans la pénombre d’une nuit qui s’achevait à grands pas. Tout se régla très rapidement. L’immigration bougeait bon train. L’agent ne m’a pas dit un mot. Il a placé un tampon avec la date d’entrée sur mon passeport. Mon visa m’autorise à rester jusqu’au 15 mars. Et voilà, c’est simple. Mon sac était déjà arrivé et m’attendait en sautillant bien aligné avec quelques autres. J’ai cru voir un signe de contentement de la part du sac quand il m’a aperçu approchant nonchalant. Mais peut-être était-ce une vision produite par le parfum des épices et deux jours sans sommeil. Je le pris par la main et nous sortîmes au plus vite pour jeter un coup d’œil dehors. J’étais planté à l’aéroport de Mumbai pour 5 heures. J’avais le temps.

La présence de personnel  en uniforme – coupe militaire – était clair. Il est difficile de discerner dès l’arrivée ce que représentent chacun de ces uniformes. Une fois la porte passée et un passage triomphant face à ceux qui guettaient notre arrivée, je me suis choisi un petit coin pour fumer une cigarette. La cigarette est une excuse pour voir ce qui se passe.

Je prends à peine ma première bouffée qu’un homme habillé d’une chemise bleue ciel et pantalon bleu foncé approche et me parle. Je lui dis ma destination : Goa.
« Je suis agent de sécurité à l’aéroport.  Il y a une petite alerte à la bombe à l’aéroport domestique qui est à 10 kms d’ici. Vous devez aller dans un hôtel. » Cet hôtel serait en association avec la compagnie d’avion. Son histoire était assez bien construite et il dominait son rôle comme un  pro. J’ai même joué à un moment la scène du coup d’œil de côté avec un visage inquisiteur, sans un mot, lui demandant sa pièce d’identification. Mon premier rôle dans une production bollywoodienne (cinéma indien…) ! Après quelques minutes, je lui demandais de me laisser quelques minutes pour réfléchir et de me laisser un peu d’espace. Il saisit alors son téléphone portable et partit en disant « Oui, je l’ai mis au courant.  Il sait maintenant. » Il disparut comme tout bon agent de sécurité dans la foule non loin de là. En fait, il n’avait pas vraiment le costume de l’emploi. Il avait besoin d’un uniforme du look militaire, avec un béret.

J’avais passé un bon moment. Je riais comme un fou en le cachant à mon alentour. Enfin, je décide de rentrer de nouveau dans le terminal et vois juste en face de moi l’entrée pour la compagnie d’aviation qui devait m’emmener à Goa. En quelques minutes, j’étais assis sur le  premier siège du bus qui nous conduisit au terminal domestique, quelques minutes à l’autre bout de l’aéroport. Un homme en uniforme était assis à côté de moi. Tout le monde parlait en même temps. Le terminal domestique était en plein rendement. Des vols constants dans toutes les directions du pays. Bien entendu, pas d’alerte à la bombe !

Puis fut l’attente, pendant plus de quatre heures. Tu vois passer beaucoup de monde ! Enfin  midi arriva et j’étais dans l’avion en route pour l’état de Goa. Une heure de vol, au lieu de 12 heures de train. On arrive à Goa juste après 1 heure de l’après-midi. La porte arrière de l’avion s’ouvre sur un paysage si brillant qu’il est définir de tenir les yeux ouverts. Une bouffée d’air chaud s’engouffre dans mes pores dès que je pose mon pied sur la première marche de l’escalier en aluminium que je distingue à peine dans toute cette lumière aveuglante. Je suis mes pieds en bas de l’escalier avec un sentiment de plaisir : je suis arrivé.

J’avais décidé de choisir la voie de la simplicité. Suivre mon intuition et me laisser guider vers la meilleure solution. Mon objectif était simple : trouver un taxi et me trouver une chambre à moins de 10 euros. Je confirme en quelques minutes au petit bureau d’information touristique qu’il sera possible de trouver ce genre de prix. Armé de ma meilleure volonté, je m’engage vers la sortie. La bouffée d’air chaud me rappela que je sortais d’une zone avec air climatisé. Je fis face immédiatement à une foule de personne dont la moitié aux premiers rangs était des chauffeurs de taxi cherchant leur proie. J’ai pris l’habitude de toujours traverser la foule en silence et de me diriger vers l’arrière pour avoir une meilleure perspective et beaucoup plus de place. En quelques secondes j’apprends comment fonctionne le transport. Le prix est fixe en fonction de la distance. Il faut payer au comptoir central qui te donne un reçu. Puis tu as ton chauffeur. J’avais trouvé une personne qui me présenta à un chauffeur de taxi qui me plut immédiatement. Je pouvais me rendre sur la côte et m’installer dans un hôtel en cours de rénovation pour 500 roupies (10 euros). Il me dit que la chambre est parfaite, pas d’odeur de peinture, mais qu’il y a une équipe de peintres qui refait une beauté à l’hôtel juste avant l’ouverture de la saison. Une fois les instructions pour arriver à l’hôtel données au chauffeur, nous étions sur la route. Le chauffeur connaissait cette personne de vue uniquement. J’avais le temps. Tout était encore possible. J’étais là transpirant dans un bain de vapeur sous une brise d’air chaud, assis dans ce taxi indien et roulant sur les routes de l’Inde.

Je me suis senti immédiatement transporté en Jamaïque. Même végétation, même conduite à gauche dans des voitures un peu particulières, mêmes routes, même côte derrière les cocotiers, juste la couleur de la mer pas très colorée ici. Je fis très vite connaissance avec Vidya, le chauffeur. Environ 35 ans, marié avec un petit garçon de 2 ans. Nous allions passer une heure sur la route, alors on avait le temps de jaser. A mi chemin, Vidya m’invita à prendre une bière que l’on acheta dans un petit commerce au bord de la route. Puis il me parla de la région et de fil en aiguille, on décida de changer de destination. C’est ainsi que je suis arrivé à Anjuna vers 3 heures de l’après-midi. J’avais tout mon temps pour trouver le logement que je cherchais. En fait, je le trouvais immédiatement. Vidyya s’arrêta devant la grille de zzzz Guesthouse. Un jardin tropical remplit l’entrée de la maison. Quinze minutes après mon arrivée, j’avais négocié un mois de loyer dans mon budget, y compris un repas par jour. 150 euros et j’avais un lit et une assiette pour un mois.  L’Inde et l’état de Goa venait de m’accueillir très agréablement. Mon intuition m’avait bien guidée. Lorsque l’on accepte qu’il est simple et normal d’obtenir ce dont on a besoin, les choses généralement se passent bien.

Je vis dans une chambre assez spacieuse, avec sol en carrelage, frais, très propre. J’ai ma salle de bain avec douche et toilette, même de l’eau chaude. Il y a une télévision avec cable qui donne le même programme sur les 99 chaines : beaucoup de points blancs scintillants sur un écran noir[*]. Je suis devenu l’ami du réceptionniste qui vit à trois pas de ma chambre. Je vous raconterai son histoire. Les propriétaires sont très gentils. J’ai vite eu l’occasion de leur procurer un peu d’aide avec ma camera numérique et mon savoir en informatique. Je vais accompagner K., le propriétaire, pour l’aider dans son installation Internet à au débit et une révision de son portable. Il a exactement le même modèle de portable que moi. Les gens parlent de coïncidences. Je dis que c’est aussi le plus simple moyen pour rendre service en faisant le moindre effort pour moi. Je connais cet ordinateur de A à Z. Donc, pas vraiment de coïncidence !

Tout cela me confirme que mon choix initial de rester ici un mois n’est pas une mauvaise idée. Je sais déjà que j’aimerai partir après un mois et trouver une chambre dans un village de la région agricole, ici dans la zone tropicale. Je pense que mon séjour à Anjuna me permettra de facilement trouver ma prochaine destination, lorsque le moment sera venu… Alors, une nouvelle étape commencera.

Pour le moment, je suis à Anjuna, Etat de Goa, tropique 15 degrés 30 Nord. Pas très loin de l’équateur. Le soleil se lève à 6 h15 et se couche à 18 h15. La température dans la journée est de 30-35 degrés, humide. Je me sens bien plus dans mon environnent.

J’ai trouvé un morceau de plage ensablée qui me permet de marcher chaque matin un bon moment. Je me lève tôt et il n’y a pas grand monde. C’est plus reflax. J’aurais préféré une place plus longue, mais j’ai aussi le sentiment que je trouverai un moyen de rejoindre d’autres plages à pied facilement. Je vais demander à la fille de K. de me trouver un guide.

Le ventilateur du plafond dans ma chambre rafraichit l’air bien agréablement et chasse les moustiques. Il est bien dommage que je ne puisse mettre mon hamac nulle part ici. Je vais explorer et vous en reparle plus tard.

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* Le cable télévision a été réparé quelques jours après mon arrivée.

L’album de photo est intitulé : « Inde, Anjuna – première visite ». Vous y verrez d’abord la maison d’hôte. Une photo montre ma fenêtre et toutes les plantes autour. Puis vous verrez la côte.

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