Arrivée à Cochin, Kerala

Je suis arrivé à Cochin, état de Kerala au sud de l’Inde,  le 11 novembre après un voyage en train extrêmement long et inconfortable. Lorsque j’ai rencontré S. à Anjuna, il m’avait recommandé d’acheter un billet de seconde classe dès mon arrivée à la gare et ensuite d’obtenir une couchette avec le « titi », l’employé du train responsable des couchettes. Selon lui, cette méthode est toute aussi efficace que de faire une réservation à l’avance. Il suffit de donner un petit billet au « titi » et l’affaire est dans la poche. Mais nous avions oublié que l’Inde célébrait le festival Diwali toute la semaine (nouvelle année pour les Hindous), et tous les transports en commun étaient bondés samedi et dimanche. Lorsque je suis arrivé à la gare à Margao, seuls les billets de troisième classe étaient en vente. Puis, lorsque le train est arrivé, je n’ai pas localisé le fameux titi. Il y avait beaucoup de monde sur le quai et mon manque d’expérience dans ce type de transport en Inde ne m’a pas bien aidé.

Je me suis retrouvé à 8 heures du soir à l’arrière du train, en troisième classe, là où les passagers à petits revenus sont entassés sur des banquettes en bois. A première vue, la situation était assez chaotique. Le train venait de Mumbai (Bombay) d’où il avait initié sa route plus de 12 heures auparavant. Le sol était couvert de détritus de tous genres. Il y avait du monde un peu partout. Certains s’étaient allongés sur les porte-bagages métalliques au-dessus des banquettes. Où plaçait mon sac de voyage ? J’ai traversé deux wagons. La situation était la même partout. J’ai alors décidé de me planter au beau milieu du petit couloir avec mon sac et d’attendre le visage neutre, les yeux perdus dans le néant. Quelques secondes plus tard, on m’offrit une petite place pas trop loin d’une fenêtre. L’air de l’extérieur était le bienvenu. Je me suis installé de mon mieux et ai tout simplement décidé de prendre les choses tranquillement et calmement. J’en avais pour 15 heures !

La nuit fut très longue et fort pénible. C’est dans ces moments-là que je suis bien content de ne pas porter de montre. Regarder les heures passer de minute en minute ne fait que rendre la situation encore plus douloureuse. Les fesses et le bas du dos furent les premiers à se plaindre au bout d’une heure ou deux. Il me fallait constamment changer de position pour relâcher provisoirement le déconfort. 12 heures plus tard les jambes pesaient lourdement. Il m’avait été impossible de dormir. L’odeur nauséabonde des toilettes au bout du wagon se faisait sentir par vague chaque fois que le train s’arrêtait. A chaque arrêt en gare, une multitude de vendeurs passait dans le couloir exigu ou sur le quai devant la fenêtre pour offrir du café au lait et des mets qui semblaient être du goût des passagers indiens. Leur cri rendait le sommeil impossible. J’avais fait un bon repas la veille autour de 14 heures et avais décidé de ne pas diner pour éviter les gazes et troubles digestifs assez fréquents dans ce genre de situation. Je savais que si je consommais quelque chose de si bon matin, il me faudrait alors utiliser les toilettes. Je n’étais pas mentalement prêt à faire face à ce cauchemar. La faim était bien mieux venue !

Enfin, le train entra dans ma gare de destination (Ernakulam Junction) vers 10h30. Le cauchemar était terminé. Plus jamais, je ne recommencerais cela ! Le seul réconfort qui me restait est que ce voyage de plus de 800 kms m’aura coûté moins de 4 euros. Il y a des services de téléphone public un partout ici, et le téléphone est très peu cher ici. Il fut donc très facile d’appeler S. et de lui dire de passer me prendre. Il arriva une demi-heure plus tard en moto. Il s’attendait à me voir débarquer avec un sac-à-dos, et non un sac de voyage. Il me fallut donc prendre un taxi. En quelques minutes, il négocia le tarif avec le chauffeur d’un de ces petits taxis à 3 places qui sont si fréquents en Inde, et qui sont un genre d’hybride à trois roues en forme de toute petite voiture et avec un moteur de scooter ou de moto (« autorickcha »). On traversa une bonne partie d’Ernakulam, puis Cochin et finalement on arriva à la maison d’une famille – amis de S. – qui allait devenir ma famille d’accueil.

La famille est composée des parents (dans la quarantaine), et de 2 jeunes garçons (16 et 17 ans). Ils habitent dans une maison à deux étages construite assez récemment, dans une petite rue près du marché aux épices. Juste à côté, touchant leur maison, se trouve la demeure d’autres membres de la famille. Tous m’attendaient dans la pièce principale avec un large sourire. Je sus immédiatement que c’était la première fois qu’ils accueillaient un étranger chez eux. On me fit voir la chambre à l’étage, très propre et suffisamment meublée pour mes besoins. S. servait d’interprète car mes hôtes ne parlent ni anglais ni hindi, mais la langue officielle de l’état de Kerala, le Malayalam. S. expliqua mes restrictions alimentaires à la maitresse de maison et après une douche froide bien revigorante, je retrouvais S. dans ma chambre.

J’avais dit à S. lorsque nous étions à Anjuna que je voulais trouver une chambre dans une famille et que mon budget était de 3000 roupies par mois pour le loyer et de 2 ou 3000 roupies pour deux repas par jour, soit environ 110 euros tout compris. S. m’informa que tel serait le prix de ma pension ici. Puis, il me dit qu’il avait « réservé » cette chambre pour moi pour un mois et qu’il serait donc nécessaire que je lui donne les 6000 roupies. Je ne sais pas si c’est son langage du corps ou tout simplement mon intuition, mais j’ai alors immédiatement senti qu’il serait préférable que je me méfie de S. Passer un mois à Cochin n’était pas du tout mon intention. Cochin est une grande ville d’environ 2 millions d’habitants, pas vraiment le havre de paix à la campagne que je recherche, avec forêt et éléphants. S. était bien déçu de m’entendre lui expliquer cela et il insistait qu’il avait un compromis moral maintenant avec la famille et que ma décision de ne pas rester aussi longtemps pourrait lui porter préjudice auprès de ses amis. Tout cela me semblait bien bizarre et peu probable. Qu’est-ce donc qu’essayait de faire S. ? Après quelques minutes de réflexion, je pris la décision de m’installer ici pour 15 jours et je lui remis la somme de 3000 roupies qu’il devait donner à la famille. Ces 15 jours me permettraient d’explorer un peu la ville et de me familiariser avec la région. En attendant, je savais qu’il fallait que je reste sur mes gardes avec S. La famille quand à elle avait l’air vraiment très gentille et très contente de m’accueillir.

En fait, avant même de venir ici, je savais qu’il existait la possibilité que S. tente de profiter de ma générosité. Serait-il en train d’essayer de m’arnaquer de quelques roupies ? Tout cela se confirma le lendemain. Appelez ça mon sixième sens ! S. arriva en milieu d’après-midi alors que je faisais une petite sieste. Il m’emmena sur sa moto de l’autre côté de l’ile sur laquelle Cochin est construite, là où se trouve l’église de Vasco da Gama, un Portugais qui découvrit l’Inde en 1496, ouvrant la porte aux Portugais, Hollandais et Anglais qui par la suite prirent possession de cette région un peu violemment et pour quelques centaines d’années. Près de l’église, se trouve un marché aux poissons et plusieurs étalages de produits touristiques. S. reprit son discours de la veille et me répéta qu’il faudrait que je lui donne un peu plus d’argent pour la chambre ainsi qu’il me l’avait expliqué. Son honneur auprès de la famille, me disait-il, était en péril ! Rien de ce qu’il me disait ne me semblait correct ni probable. En fait, j’étais de plus en plus sûr que S. n’était pas aussi honnête que ça. « Ecoute S., pour éviter tout problème et pour te sortir de cette position d’intermédiaire, je vais parler directement avec W. – le père de famille – ce soir et arrangeait cette situation une fois pour toute. L’un de ses fils parle suffisamment l’anglais pour m’aider. » Ce n’était pas la réponse qu’il attendait. « D’accord, me dit-il, tu peux rester 15 jours. Pas la peine de parler à W. On reparlera de ça dans 2 semaines. » Puis il me reconduisit chez mes hôtes. De retour à la maison, je demandai au fils aîné de m’aider à parler avec son père et j’appris que S. ne lui avait donné que 2500 roupies, et en avait empoché 500. Une fois de plus, mon intuition était correcte. Comme je m’y attendais, W. refusa les 500 roupies que je voulais lui donner pour compléter ma pension et il me promit qu’il m’allait pas en parler avec S. En fait, S. ne m’avait pas arnaqué ; il avait arnaqué ses propres amis.

Le lendemain matin, je suis allé dans un petit marché de fruits et légumes qui se trouve à quelques minutes de la maison et j’ai acheté des tomates, aubergines, noix de coco, avocats, courgettes, okra et 2 ou 3 autres légumes qui me sont totalement inconnus, et je les ai offert à la maitresse de la maison. Une fois de plus, le jeune garçon me servit d’interprète auprès de sa mère : « Ceci est pour toute la famille, pas seulement pour moi. » Elle me répondit avec un large sourire qui fait bien chaud au cœur.

J’étais maintenant sûr du jeu que jouait S.. Plus question de lui demander de m’emmener à la campagne et de m’aider à trouver une autre famille d’accueil, d’autant plus qu’il me disait qu’il me faudrait louer une voiture car sa moto m’était pas assez puissante pour la montagne. Difficile à croire! Il a une 350 cc, et le point le plus haut de l’état de Kerala se trouve à peine à 2600 mètres ! S. doit vraiment penser que je suis le roi des idiots ! Je suis néanmoins bien content d’avoir trouvé cette famille. Le père travaille à quelques dizaines de mètres de chez lui pour une compagnie d’exportation d’épices. Il aide au déchargement des camions. Je l’ai vu de mon petit balcon portant sur la tête des sacs de poivre noir de 70 kilos. Un travail de dingues ! La mère reste à la maison et s’occupe de leur toute petite boutique qui s’ouvre sur la rue à l’entrée de leur maison. Elle vend quelques légumes et 2 ou 3 babioles. Les cousins qui habitent juste à côté sont aussi très gentils. Le lendemain de mon arrivée, ils m’ont invité pour une petite marche dans le quartier en début de soirée et m’ont fait voir où se trouvaient le marché et toutes sortes de temples hindous et de magasins. Leur anglais est à peine meilleur que mon hindi, mais on s’en sort !

Cochin (ou Kochi, « La reine du Golfe Arabe ») est une ville qui semblerait être entièrement dédié à l’exportation d’épices et de produits en tout genre. Il y a des entrepôts pour l’exportation un peu partout. A tout moment, on peut voir des camions chargés de sac de 70 kilos de poivre noir, de piments, de gingembre, de riz, de thé, de tabac et d’autres produits sillonnés les rues. De nombreux porteurs, comme le père de la famille où je suis hébergé, chargent et déchargent ces camions à longueur de journée. La ville est construite sur deux îles qui sont reliées entre elles par deux ponts et qui rejoignent le continent et Ernakulam par un grand pont. On peut aussi aller à Ernakulam (qui veut dire la « Porte de Kochi ») en bateau pour moins de 4 centimes d’Euros. La traversée dure environ 30 minutes. Cochin est une vieille ville bien peu attractive. La plupart des maisons sont construites en béton et sont recouvertes de moisissure due au fort taux d’humidité. Il y a deux points d’intérêts particuliers ici : le marché aux épices qui se trouve à deux pas de ma maison et la zone de Fort Kochi où l’on peut voir des filets de pèche originaires de Chine et déployés sur des structures en bois apparemment construites il y a bien longtemps par les Portugais. Le marché aux épices s’étend sur plusieurs petites rues parsemées de boutiques pour touristes où l’on peut se procurer toute sorte d’épices ainsi que des souvenirs, des antiquités et des vêtements. La zone est assez fréquentée par les touristes indiens et européens. Fort Kochi est sur le côté ouest de l’île. De là, on a une très bonne vue sur l’île voisine et le continent. On peut y voir un petit marché aux poissons et quelques boutiques pour touristes. Les vendeurs sont généralement très souriants et moins agressifs qu’à Goa. Il y a aussi moins de touristes européens ici, comparé à Goa. Mon exploration m’a aussi conduit au marché d’Ernakulam, après une traversée de la baie en bateau. Le marché était très actif avec de nombreux porteurs en chemise bleue un peu partout. On y trouve un peu de tout. J’y ai découvert plusieurs fruits et légumes qui me sont totalement étrangers.

Après quelques jours passés à errer dans les rues de la ville, j’ai rencontré plusieurs personnes qui m’ont parlé plus en détail de cette région. En fait, il m’a fallut remettre les pieds sur terre et me rendre compte que ce que je recherchais ne faisait plus vraiment partie de notre temps. On me dit que peu de personnes possèdent des éléphants de nos jours, car ils sont très coûteux. Seuls certains riches continuent à en posséder quelques uns comme hobby. D’après ce que j’ai entendu, peu sont ceux qui aujourd’hui travaillent avec des éléphants. Néanmoins, il est possible de les voir dans la campagne. Il y a également plusieurs réserves à l’Est de l’Etat où l’on peut observer des tigres, des léopards et autres animaux sauvages exotiques. Certains m’ont conseillé de me rendre dans le district d’Idukki à l’Est. C’est une région montagneuse et aussi agricole où l’on cultive de nombreuses épices. D’après certains, il peut même y faire froid en décembre et en janvier. On m’a suggéré d’aller à Munnar (à 150 kms de Kochi) dans les montagnes, à environ 2000 mètres d’altitude et de louer une chambre dans une guesthouse pour quelques jours. Il y a de nombreux villages agricoles tout autour et je devrais pouvoir trouver une nouvelle famille d’accueil assez facilement. On m’a aussi recommandé de faire une petite excursion au sud de Cochin dans le district d’Alappuzha, à environ une heure et demie de bus d’ici. On me dit que la région est particulièrement jolie.

Comme partout en Inde, la population se divise en trois groupes religieux qui semblent vivre en parfaite harmonie. Les Hindous représentent 60% de la population de Cochin, les Musulmans 20% et les Chrétiens 20%. Les gens ici sont bien plus engagés dans leur religion que dans l’Europe de l’Ouest. Il y a énormément de temples Hindous, d’églises chrétiennes et de mosquées un peu partout. Je n’ai jamais vu une telle densité de sites religieux. Dès 5 heures du matin et à espace régulier on peut entendre les prières des musulmans qui couvrent toute la ville de leurs chants pendant une dizaine de minutes. Des bougies et de l’encens brulent constamment dans les temples hindous. Les Chrétiens sont aussi très actifs. Mes hôtes prient tous les soirs avec leurs deux enfants pendant 15 minutes à 20h00 très précise. Je les entends de ma chambre chantonnés tous ensembles dans la pièce principale leurs prières quotidiennes, alors que de l’extérieur me parvient le chant des Musulmans. Une véritable cacophonie spirituelle !

Mes hôtes ont été jusqu’à présent absolument adorables. La nourriture est abondante et variée. On me sert thé à volonté, une pomme et grosse goyave le matin, ou des bananes, bien que je leur ai dit que le thé suffisait. Le midi et le soir, l’un des enfants m’apporte mon plateau avec assiette de riz et petits bols de légumes cuisinés selon les recettes de la région. La nourriture est bonne et simple, et parfois pas mal épissée !  Le père de famille m’a acheté à plusieurs reprises des petits amuse-gueules typiques d’ici et fort savoureux. En fait, je ne sais jamais vraiment ce que je mange. Il est très difficile de reconnaitre les légumes et je n’ai aucune idée du nom des mets. Mais au moins, je suis sûr que tout est végétarien. Leurs deux enfants ont décidé au bout de trois jours de m’appeler « uncle » (oncle), ce qui n’est pas pour me déplaire.

La petite rue où j’habite est très active, dès 6 heures du matin et jusqu’au coucher du soleil. De mon balcon, j’y vois défiler toute sorte de vendeurs poussant leurs chariots chargés de fruits, légumes ou poissons. J’y vois également beaucoup de monde en scooter, en moto et en bicyclette, sans compter les piétons. Les femmes sont en grande majorité vêtues de leur sari et la plupart des hommes portent un genre de jupe (« mundè ») au lieu de notre pantalon occidental. Le « mundè » est un morceau de tissu rectangulaire qui s’entoure à la ceinture et descend jusqu’aux pieds. Puis le « mundè » est replié à la hauteur des genoux (voir album de photos). Tout cela ne semble pas très pratique, et je les vois tous constamment remettre leur « mundè » en place.

Enfin, je dois admettre que j’aurais bien du mal à vivre ici. En plus du fait que la ville est très bruyante et très polluée, il y a des poubelles absolument partout. Je n’ai jamais vu d’endroit aussi sale. Il y a pourtant des gens qui nettoient les rues. J’ai vu à plusieurs reprises des femmes travaillant pour la ville de Cochin balayer les rues et entasser les poubelles de-ci de-là. J’ai aussi vu un genre de camion d’éboueurs, mais il faut bien reconnaître que tout cela n’est pas très efficace. Les poubelles s’accumulent un petit partout. Les vaches, les chèvres, les corbeaux et les voitures se font un malin plaisir à les éparpiller dès que l’occasion s’en présente. Il n’est pas rare non plus de voir les gens tout simplement bruler tous ces détritus sur le bas-côté de la rue. Depuis quelques heures, une odeur de plastique brulé envahit ma chambre. Mon encens peut à peine cacher cette odeur nauséabonde. Pour ne pas arranger l’affaire, les eaux sales se déversent dans des égouts à ciel-ouvert d’où émanent souvent des odeurs fort désagréables. La situation semble hors de contrôle et je plains les générations à venir. En fait, si Cochin est représentatif des villes en Inde, il va falloir que je les évite comme la peste et que je reste à la campagne. C’est un miracle qu’il n’y ait pas d’épidémie dans cet environnement.  Quand on se trouve au milieu de ce type de situation dans un pays aussi grand que l’Inde et avec une population d’un milliard et demi, on se demande vraiment à quoi peut bien servir la politique environnementaliste menée par la France et d’autres pays européens, si ce n’est que pour relancer un nouveau type d’industrie et de produits écologiques que tout le monde se fera un plaisir d’acheter pour le bien de la planète. Je ne veux pas avoir l’air pessimiste, mais il faut aussi être réaliste !

La langue parlée dans cet Etat de Kerala, le Malayalam, semble être particulièrement difficile à apprendre. J’ai acheté un petit livre d’introduction pour touristes et je ne me vois pas m’en sortir aussi facilement. Moi qui commençais à faire des petits progrès avec l’hindi !! En attendant, je parle un anglais simplifié en roulant les « r », ce qui semble faciliter la communication.

Particularités culturelles :

a) Quelque soit ta religion, les mariages en Inde sont arrangés par les parents qui choisissent l’épouse pour leur fils. Certains se rebellent certes, mais en général, la tradition est respectée. C’est tout du moins ce que l’on me dit ici.

b) Il est interdit de fumer dans les endroits publics en Inde, cela inclut les bars et la rue. L’amende est de 500 roupies (9 euros). Il est vrai que l’on voit peu de gens fumer dans les rues, alors que les cigarettes se vendent un peu partout.  Ici, dans l’état de Kerala, les boissons alcoolisées ne sont vendues que dans des magasins spécialisés (« Liquor store ») ou dans les bars. Les bars sont le domaine des hommes. La lumière y est si tamisée que l’on y voit à peine le visage des autres consommateurs. Comme il est interdit de fumer, il n’y a pas de cendrier,  mais tout le monde fume quand même et jettent les mégots parterre. Les bars n’offrent pas de cendrier pour éviter de se faire harceler par la police, d’après un serveur très sympa avec qui je jasais l’autre jour.

c) Depuis que je suis arrivé à Cochin, j’ai remarqué pas mal de « Vegetarian Hotels » (hôtels végétariens). En fait, ce ne sont pas des hôtels, mais bien entendu des restaurants. Le mot « restaurant » est en effet rarement utilisé ici à Cochin.

d) Lorsque j’avais loué mon scooter à Anjuna et erré dans le nord-est de l’état, j’ai remarqué qu’il n’y avait pas de panneaux de signalisation, à part quelques panneaux indiquant la direction des villages et villes aux alentours. Je n’ai vu aucun feux ni panneaux à Mapusa (Goa) non plus. La situation est similaire ici à Cochin. Dans cette ville de près de 2 millions d’habitants, il n’y a ni feux, ni panneaux de signalisation. Pas de stop, pas de priorité, absolument rien. La conduite est totalement folle. C’est à celui qui klaxonne le plus et qui fonce en premier. La démence absolue !

e) Les gens en Inde hochent la tête d’une façon bien particulière. En fait, je n’ai encore vu personne qui bascule la tête de haut en bas, comme nous le faisons en Europe, pour dire oui. Ici, on oscille la tête de droite à gauche, comme un pendule, pour dire oui, ou pour saluer quelqu’un. Je m’entraine depuis mon arrivée et ce n’est pas toujours évident. J’imagine qu’à la longue, cela deviendra comme un reflexe. Lorsque je me promène dans la rue, je deviens généralement le centre d’attention de pratiquement tout le monde, ce qui est souvent le cas dans les pays où les habitants n’ont pas les yeux bleus et la peau claire. Un petit hochement de la tête avec un sourire produit une réponse immédiate et un signe similaire de la part de celui ou celle qui me regarde. Je trouve cela personnellement fort charmant !

Dernières notes :

a) Il fait plus chaud ici qu’à Goa, plus humide, mais depuis 2 jours les matinées sont très fraiches, ce qui me surprend vu que nous sommes assez près de l’équateur. Je viens aussi d’apprendre qu’il fait 0 degré à Munnar, à l’Est de l’Etat de Kerala, à 150 kms d’ici. On y attend même de la neige. Je pensais m’y rendre à la fin de la semaine prochaine, et m’y installer pour un mois. Il va donc falloir que je trouve une nouvelle destination, car je n’ai pas vraiment l’intention de passer Noel sous la neige! Et moi qui pensais qu’il ne neigeait pas sous les tropiques !

b) Dès que le soleil se couche, les moustiques font surface. Il y a en bien plus ici qu’à Goa, au point qu’il est nécessaire de mettre chaussettes, pantalon long et chemise à manche longue à partir de 18 heures. Une moustiquaire est absolument indispensable pour éviter les nuits blanches. Je suis actuellement sans un nuage de moustiques. C’est délirant !

c) Depuis que j’ai mis à jour la petite manigance de S., je ne l’ai pas revu. Peut-être a-t-il compris que j’avais dévoilé son petit jeu. Les gens n’arrêteront jamais de m’étonner !

d) Je me suis retrouvé invité au mariage d’une des nièces de mes hôtes dimanche, à peine une semaine après mon arrivée. Ma famille d’accueil a insisté que j’y assiste. « Tu fais parti de la famille, il faut que tu viennes. » C’était un mariage catholique dans une église d’Ernakulam. J’ai donné mon appareil photo aux deux garçons et ai produit un DvD pour qu’ils puissent voir les photos sur leur télévision. Je vais en faire une copie pour les mariés et leurs parents. Mes hôtes semblaient très contents de mon petit cadeau.

Quelle sera ma prochaine étape ? Difficile à dire pour l’instant. J’ai une semaine pour décider ! En attentant, je vais explorer les districts proches de Cochin. On m’a recommandé quelques ballades, dont une en bateau. Je vous en reparle donc très bientôt.

L’album photo « Cochin – Kerala » est prêt. Vous pouvez aussi voir quelques photos du marché d’Ernakulam. Comme vous devez maintenant le savoir, j’adore les marchés !

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